Didier Simond : Eloge funèbre
Didier, Cher Didier, l’annonce de ta mort lundi matin s’est répandue à la vitesse de l’onde, par cercles concentriques successifs comme ceux que provoque l’impact d’une lourde pierre heurtant l’eau.
Partie de ta demeure, que tu avais bâtie toi-même, elle submergea rapidement ton quartier, que tu n’avais jamais quitté, elle gagna cette ville que tu as tant aimé et tant servi, apparemment comme simple conseiller municipal pendant six ans, en réalité comme un homme d’influence et de projets pendant plus d’un demi-siècle.
Elle submergeait aussi le monde économique mantais dont tu étais la figure tutélaire après en avoir été un des entrepreneurs les plus puissants et les plus dynamiques, elle bouleversait le monde sportif dont tu fus un acteur de tout premier plan, elle gagnait les plus anciens qui t’avaient toujours connu, les plus jeunes qui avaient appris à t’aimer et te respecter : elle nous laissait tous affligés, étourdis, perdus.
« Didier SIMOND, n’est plus » le murmure devenait clameur, parce ce que pour tout Mantes, pour tout le mantois, un homme immense venait de nous quitter.
Elle ne s’arrêtait pas là. Elle poursuivait sa course, s’élargissant aux Yvelines et au Val d’Oise dont tu dirigeas la chambre d’industrie et de commerce avec cette énergie incomparable, alliée à une vision stratégique audacieuse, qui sont ta marque, le sceau de Didier SIMOND. Elle gagnait ensuite Paris, la Chambre Régionale d’Industrie et de Commerce que tu conduisis, le Conseil Régional d’Ile-de-France dont tu fus un pilier, le Conseil Economique et Social, dont tu présidas une section jusqu’à ton dernier souffle, le Conseil Economique et Social Régional, dont tu avais été un membre particulièrement remarqué.
Sans parler des nombreuses entreprises ou institutions dont tu étais ou fus administrateur.
Et l’onde poursuivait son chemin….
Pénétrant dans les multiples écoles que tu avais créées ou aidées dans tes départements de compétence mais aussi bien au-delà.
Comment ignorer l’émotion dans le monde économique et dans le monde consulaire français mais aussi dans nombre de pays d’Afrique ou ta générosité t’avait conduit, ouvrant ici et là le chemin de la coopération par le partage du savoir qui seul permettra de dessiner l’avenir ? Cela aussi, tu l’avais compris plus tôt que les autres.
Nous voilà rassemblés autour de toi, cher Didier, nous sommes tous là, autour des tiens, dans cette exceptionnelle Collégiale que tu as sauvée de l’indifférence des hommes ordinaires.
Sylvianne, Pascal et Elodie, Sylvie et Jean-Philippe, Clara, Maud et Alexandre, nous nous inclinons respectueusement devant votre douleur, nous vous assurons de nos pensées aussi amicales qu’attristées, de nos prières ferventes, mais nous vous promettons surtout qu’au-delà de l’immense chagrin restera toujours l’image d’un Didier bâtisseur de l’impossible, d’un Didier mobilisateur d’énergies jusqu’à la plus infime particule,d’un Didier qui incarnait au plus haut point la figure du héros prométhéen.
Cher Didier,
Tes amis, tes compagnons, du plus illustre au plus modeste, tous sont venus ou se sont fait représenter.
Par leur présence - si comme moi tu peux voir cette collégiale trop petite pour tous nous accueillir – ils ont voulu t’exprimer leur amitié et leur reconnaissance, à la hauteur de ce que fut ton action, ton engagement, ton allant.
Ah Didier ! Te voilà gisant dans cette collégiale admirable de pureté au pied de laquelle tout a commencé pour toi soixante-dix-sept ans plus tôt.
Te voilà gisant ! Quelle absurdité ! Comment le croire ?
Toi dans l’immobilité glacée de la mort, toi qui ne fut que mouvement, chaleur, énergie vitale.
Tout serait donc fini là où tout a commencé ?
Et bien non !
Comme tu nous as appris à ne jamais renoncer, notre foule immense et fiévreuse est venue témoigner.
Devant cette rosace qui annonce le jugement dernier, nous sommes là, humblement mais fermement pour rendre le jugement des hommes.
Didier, ta vie, plus exactement, ce que tu as fait de ta vie, ton courage, ton intelligence, ton charisme, te valent d’entrer dans la légende des hommes extraordinaires dont nos cœurs sont le tabernacle.
Didier SIMOND, portés par l’élan de ce vaisseau de pierres nous te disons que rien ne s’achève, que tout continue.
De ta famille éplorée, nous partageons la peine et nous lui offrons notre joie de t’avoir connu. :
Didier SIMOND, à jamais un exemple,
Didier SIMOND, à jamais notre ami.






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