Inauguration de la statue du Général de Gaulle à l’hôtel du Département
Permettez-moi, Cher Ousmane Sow, au nom du département, de vous remercier de votre présence parmi nous. C’est avec un grand honneur et une grande fierté que nous accueillons dans cette enceinte la statue du général de Gaulle que vous avez bien voulu réaliser pour le Conseil général des Yvelines. J’en suis particulièrement heureux car cette œuvre est un symbole fort ; pour l’artiste que vous êtes, cher Ousmane Sow, et pour ce que représente, à mes yeux, votre œuvre qui témoigne du lien essentiel, imperceptible et pourtant si profond qui unit le continent africain à la France ; symbole fort pour les Yvelines qui célèbrent leurs 40 ans ; symbole fort enfin pour le sujet monumental qui vous a inspiré : le Général de Gaulle.Cher Ousmane Sow, l’alchimie unique que vous savez provoquer redonne vie aujourd’hui à cette grande figure si familière de notre histoire collective, à travers laquelle la France et son message d’espoir si singulier se sont incarnés. Elle nous fait revenir aux sources de ce que représente pour la plupart d’entre-nous l’engagement politique.Vos œuvres sont déjà venues à la rencontre des Yvelinois, il n’y a pas si longtemps. C’était en 2007, au Musée départemental Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye, lors de la remarquable exposition « Terre noire », qui avait été mise en place à l’occasion du cycle de manifestations « l’Afrique en Yvelines », proposé par le Conseil général. Cette statue de de Gaulle est la première d’une série de sculptures monumentales que vous avez appelée « Merci », en hommage à ces grandes figures de l’histoire qui, je vous cite, vous « ont aidé à ne pas désespérer des hommes » : De Gaulle, Nelson Mandela, Martin Luther King, Gandhi, mais aussi votre propre père, qui fut votre premier héros…Ils sont tous, à leur façon, des hommes dignes et droits, des hommes libres et de tempérament, des hommes du refus face à la résignation.A travers votre œuvre, vous avez fait le choix de l’engagement.Permettez-moi de m’attarder sur quelques étapes de votre parcours, que je qualifierai « d’exceptionnel », au sens propre du terme, car il n’a rien de linéaire, ni de traditionnel.Vous êtes né à Dakar, au Sénégal en 1935.La force et l’engagement que l’on ressent dans votre œuvre ne sont pas sans lien avec les vertus qui vous ont été transmises dans votre famille. De votre mère, vous hériterez d’une ascendance aristocratique et guerrière.Votre père, que vous avez vénéré et qui avait obtenu la Croix de Guerre pour avoir combattu en France pendant la Première Guerre mondiale, vous a transmis de grandes valeurs telles que la rigueur, la générosité, l’honnêteté, le refus des honneurs, la liberté de penser. A la mort de votre père, vous n’avez que 21 ans et vous décidez de partir pour Paris.
La France, vous l’avez beaucoup aimée dans ces années 50 : une France où la simplicité et la générosité l’emportaient sur les problèmes identitaires.A Paris, vous n’allez pas entrer comme on aurait pu le croire et comme il est d’usage, aux Beaux-Arts. La fréquentation de ce milieu, dans lequel vous ne vous reconnaîtrez pas, ne vous tentera guère.Vous allez choisir d’entreprendre des études d’infirmier puis de vous former au métier de kinésithérapeute. Un choix qui pourrait paraître étonnant, mais chez vous au contraire, science et art ont fait bon ménage. La pratique de la kinésithérapie a en effet beaucoup nourri votre réflexion artistique sur le corps. Elle est devenue une source d’inspiration et un véritable entraînement à la sculpture. Elle a été pour vous, je vous cite, « une profession de substitution ».Vous allez vivre près de 20 ans en France, où vous serez en quelque sorte « kiné de jour » et « sculpteur de nuit », avant de retourner définitivement au Sénégal en 1978.Et pendant les dix années qui vont suivre, vous allez concevoir à Dakar les premières œuvres que nous connaissons. Vous avez donc cheminé lentement mais sûrement vers votre vocation d’artiste, puisque vous avez attendu l’âge de 50 ans pour vous consacrer entièrement à votre art… C’est ce qui fait la richesse et le caractère unique de votre parcours.Dès que vous avez commencé à exposer vos sculptures, à Dakar comme à Genève, New York, Tokyo ou Venise, la reconnaissance du public a été immédiate.Et ici en France, 1999 fut l’année du basculement de l’ombre à la lumière. Tout le monde se souvient de l’inoubliable rétrospective mise en scène sur le Pont des Arts à Paris, avec les Indiens de la bataille de Little Big Horn, les Nouba, les Masaï, les Zoulou. Cette exposition à l’air libre avait convaincu à l’époque plus de 3 millions de visiteurs…Si je devais qualifier votre œuvre, je dirais qu’elle est « populaire », au sens noble et premier du terme : elle émane du peuple et appartient au peuple. Populaire d’abord par la mise en scène et par le choix des lieux dans lesquels vous exposez : souvent, ce sont vos œuvres qui sont venues à la rencontre du peuple et non l’inverse.Populaire aussi, car votre travail a comme principale source d’inspiration l’homme. Vous êtes un conteur de l’universalité. C’est je crois pour cette raison que vos sculptures suscitent une adhésion très forte, sans le moindre intermédiaire. Vous faîtes revivre dans vos œuvres des héros prestigieux mais aussi des peuples méconnus de l’Histoire. Les Indiens, les Masaï, Gandhi, Mandela, ou De Gaulle : ils ont en commun la force morale et physique de ceux qui n’ont jamais capitulé. La capacité de révolte et l’esprit de résistance, qui sont le sel de l’Histoire, sont des valeurs que vous portez en vous et que vous transmettez à travers votre œuvre. Une œuvre qui navigue aux limites du mythe, de l’ethnologie, de l’histoire.Une œuvre aussi qui traverse sans cesse les frontières. De cette terre africaine sont nés des personnages à la fois uniques et universels. Ils sont porteurs d’un passé, d’une mémoire et forment un pont entre l’Afrique et le reste du monde, entre les pratiques rituelles africaines et la statuaire occidentale. Cette statue, comme je vous le disais, en introduction de mon propos, est aussi un symbole fort pour notre jeune département car c’est sous la présidence du Général de Gaulle, il y a 40 ans que naissaient les Yvelines. Très exactement le 1er janvier 1968 après que la loi du 10 juillet 1964 eut créé le découpage administratif actuel à partir de ce qui composait alors
la Région Parisienne, et ses 3 départements de la Seine, de la Seine et Marne et de la Seine et Oise, ce dernier devenant Val d’Oise, Essonne et Yvelines.Il n’est sans doute pas inutile, dans le contexte actuel, de noter que le dernier grand modernisateur de notre organisation politique et administrative, pour rendre plus efficace l’action des pouvoirs publics, créa des départements alors qu’il eut été si simple, à l’époque déjà, d’en supprimer…Et le bilan de ces dernières quarante années nous invite à une certaine fierté ; notre département fut un acteur majeur de l’essor économique national et constitue un atout incomparable dans le grand combat de la compétition entre les Nations. Qui peut ignorer que nous sommes désormais le département de la recherche et de l’industrie : de la recherche avec le plus grand nombre de chercheurs privés, de l’industrie avec en particulier les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et des télécommunications qui forment le socle de la puissance industrielle qui fonde notre richesse. Autant de caractéristiques soit-dit en passant qui légitiment complètement l’organisation d’une grande compétition automobile qui mêle recherche, industries de toute nature et attractivité touristique. Car nous sommes aussi le pays du bien vivre qui témoigne d’une grande partie de l’histoire de France. Ici en Yvelines se mêlent étroitement haute technologie et patrimoine culturel, urbain, paysager unique. Haute technologie avec l’exemple de l’arrivée récente du leader mondial des logiciels 3D qui profite de notre réseau exceptionnel de liaison à très haut débit, qui voisine avec le château de Versailles et ses 4 millions de visiteurs, nos 6 villes royales, nos abbayes et nos 40 musées entourés de nos deux parcs naturels régionaux qui structurent nos espaces forestiers et agricoles qui couvrent les 2/3 de notre territoire. Cette exception yvelinoise n’est pas due au hasard mais est bien le fruit de l’action constante et éclairée de celles et ceux qui ont façonné notre département, en premier chef celles et ceux qui siégèrent dans notre assemblée départementale et plus particulièrement ceux qui la présidèrent. Qu’il me soit ici permis de les saluer et plus particulièrement mon prédécesseur, Franck Borotra, à qui nous devons tant ; à qui je dois tant et tant. Exception yvelinoise qui se nourrit évidemment d’une certaine idée de la France, ce qui nous conduit naturellement à évoquer la figure tutélaire du Général de Gaulle qui nous réunit ici ce soir. Cher Ousmane Sow,avec l’instinct sûr de l’artiste vous vous inspirez des uniformes de la 1ère guerre mondiale pour figurer un général qui n’était alors qu’un simple capitaine et qui pourtant se préparait depuis toujours à devenir le sauveur de la patrie.Pour preuve, cette étonnante rédaction sur un petit carnet brun, d’un écolier de 15 ans, élève au Collège des Jésuites de l’Immaculée Conception à Paris, le jeune Charles de Gaulle, dont le texte singulier narre sa campagne militaire à la tête de nos armées pour sauver
la France d’une invasion des troupes allemandes conduite par le kronprinz. Etonnante prémonition dont la principale approximation fut la date, l’évènement étant censé se jouer en 1930.En fait pétri de l’obsession de l’unité nationale qui voyait chaque français se préparer à la reconquête de l’Alsace et de la Lorraine, le jeune Charles de Gaulle se construisait alors dans le rêve de servir sa patrie. Et ce fut probablement le plus grand – et l’histoire dira s’il fut le dernier – sursaut d’un peuple qui fut héroïque en portant seul l’essentiel des sacrifices humains de ce premier conflit mondial. L’idéal de Charles de Gaulle, l’essence de ses convictions stratégiques, qu’elles soient politiques ou militaires, se forgèrent à l’aune de la grande guerre. De Gaulle fut d’abord un soldat c’est-à-dire un homme qui choisit volontairement, c’est-à-dire librement, de faire le sacrifice suprême pour sa patrie. C’est l’amour de la France qui caractérise d’abord son personnage, un amour passionné qui s’accompagne alors parfois d’excès, d’une lucidité effrayante ou au contraire d’une absence de lucidité, un amour unique qui l’enferme dans la solitude, un amour idéalisé mais aussi charnel tant il se nourrit des figures de notre histoire autant que des charmes de nos villes et de nos campagnes. Et cet amour exceptionnel s’unit d’une intelligence stratégique prodigieuse ; c’est cet assemblage qui figure dans l’appel du 18 juin qui mêle le refus absolu de la défaite – l’objet de son amour ne peut disparaître – et la vision stratégique supérieure qui ne voit dans la bataille de France qu’un épisode d’un conflit qui ne peut être perdu pour des raisons objectivées si simplement : « foudroyés aujourd’hui par la face mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure »Et la France libre naîtra dans cette France lointaine et colorée que l’on appelait alors l’Empire. Elle apparaîtra principalement au cœur de l’Afrique Noire, portée par les cadre civils et militaires, les blancs, et les rares noirs qui en faisaient partis ; qui d’entre nous peut oublier le ralliement de Félix Eboué, premier noir gouverneur du Tchad vite nommé gouverneur général de l’Afrique Equatoriale Française ?Qui peut oublier que 18 africains furent choisis pour entrer dans l’ordre sacré des compagnons de la Libération ?Voila pourquoi, il fut si évident de choisir votre œuvre, cher Ousmane Sow. D’abord conçue dans cette matière mystérieuse, parce que connue de vous seule, qui s’apparente à de l’argile, elle a été transformée, ici, en Yvelines à la Fonderie de Coubertin à Saint Rémy les Chevreuse, grand et prestigieux atelier, où elle nourrit désormais sa force dans la douce patine de la fonte. Votre œuvre a désormais trouvé sa demeure. Dans cette cour, plus utile que prestigieuse elle rappellera aux visiteurs que le Général de Gaulle n’était qu’un modeste serviteur de son idéal, un preux chevalier de sa dame, la France. Dans ce lieu, si loin de la chaleur de l’Afrique et de ses peuples, elle témoignera de la reconnaissance de ceux qui n’oublient pas ceux qui moururent pour sa liberté. Dans cet espace, elle interpellera le passant, elle lui renverra l’interrogation de sa propre vie, elle témoignera de ce que la grandeur de l’homme se forge dans sa liberté qui naît de son unique volonté. C’était, je crois, en 1943, que le Général de Gaulle écrivit :« Soyons fermes, purs et fidèles, au bout de nos peines il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n’ont pas cédé »







Commentaires (2 commentaires)
Le Général de GAULLE, en solitaire depuis Londres, lança le 18 Juin 1940 son Appel à la Résistance : une révolte contre tous les renoncements.
Les Femmes et les Hommes de toutes confessions politiques, religieuses, de toutes nationalités l’ont rejoint dans son combat.
La France enchaînée trouva dans les profondeurs de son Peuple, la force nécessaire pour revivre et rentrer dans l’Honneur fidèle à sa devise.
Le Général fit face à l’ennemi dans le monde en créant la France Libre.
La France Combattante était présente sur tous les fronts, sous sa direction l’Armée Française, les Forces de l’Intérieur ont permis la Libération de la Patrie avec les Forces Alliées.
Cet Homme que l’on surnomma « France » a redonné confiance à nos compatriotes et à notre Nation une grandeur inestimable dans le monde.
Fondateur de la Vème République, cet Homme d’Etat fut un grand partisan de l’Europe des Nations vouée à la Paix.
Par son combat pour la liberté, par sa modestie, son respect, ce visionnaire est entré dans l’Histoire.
Nous Compagnons seront toujours présent au-delà des générations pour défendre ses valeurs, nos valeurs, celles de la transmission de la Mémoire, de la République, de la Démocratie, de la Tolérance.
Nous continuerons, tel est notre Devoir à faire face à tous ses détracteurs et imposteurs qui veulent refaire l’Histoire.
Vive le Général de GAULLE, Vive la France ! et un grand bravo pour la statue du Général de GAULLE !
Olivier TREILLARD
Délégué Région Rhône-Alpes et Membre du Directoire
Présence Fidélité Gaulliste
100, rue bossuet
69006 LYON
06.60.36.66.48
Gaullisterhonealpes@hotmail.fr
TREILLARD OLIVIER / 7 décembre 2008, 23:40
Le 8 janvier 1959, une Cérémonie se déroule au Palais de l’Elysée, pour marquer le début du mandat du Président de la République qui a été conféré au Général de GAULLE, par le scrutun du 21 Décembre 1958.
René Cassin, Vice-Président du Conseil d’Etat et Président de la Commission Constitutionnelle provisoire, proclame les résultats du vote et prononce une allocution.
René COTY, Président de la République, dont le mandat s’achève, transmet sa charge au Général de GAULLE, se félicitant tant “que le premier dres Français soit redevenu le premier en France”
Le Général prend la parole :
“Vos paroles, Monsieur COTY sont d’une sagesse d’autant plus frappante qu’elles ont été prononcées par un grand citoyen quittant aujourdh’ui, avec une dignité parfaite, le mandat exercé d’une manière exemplaire.
Et de poursuivre,…..Le concours, l’appui, le soutien, qui me furent naguère assurés dans les angoisses du péril nationale, je les demande encore une fois, tandis qu’à l’horizon paraît la lumière de nos grandes espérances”.
LE GENERAL DE GAULLE
devient en ce 8 Janvier 1959 LE Premier Président de la Vèm République.
Pour le Directoire
Olivier TREILLARD
100, Rue Bossuet
69006 LYON
06.60.36.66.48
gaullisterhonealpes@hotmail.fr
TREILLARD OLIVIER / 8 janvier 2009, 2:37
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